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Fibromyalgie - Questions-Réponses

Vous avez « mal partout », vous êtes fatigué (e), votre sommeil est perturbé et tous les examens sont normaux : vous souffrez peut être d’une fibromyalgie.
Cet état douloureux chronique est reconnu par l’oms (1992), par l’Académie Nationale de Médecine (2007), par le parlement européen (2008) et par la Haute autorité de Santé (2010).
Il touche plus de 2% de la population avec une grande prédominance féminine.

D’autres symptômes différents d’un patient à l’autre, vont compléter cette triade fondamentale : douleurs diffuses – fatigue et fatigabilité musculaire – sommeil non réparateur.

Principaux symptômes retrouvés dans la fibromyalgie
Douleurs diffuses                100%
Fatigue dès le réveil                80 à 90%
Troubles du sommeil                80 à 90%
Maux de tête                    50%
Colopathie fonctionnelle            50%
Troubles de mémoire et de concentration    50 à 80%
Douleurs des articulations des mâchoires    50 à 80%
Dépression secondaire            50 à 80%


Q. Pourquoi la fibromyalgie touche-t-elle surtout les femmes?
R. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'y a pas de raisons hormonales. En revanche, les femmes sont plus sensibles au "mauvais" stress. Au quotidien, on constate une inégale répartition des charges entre hommes et femmes. Elles doivent concilier activité professionnelle, vie familiale avec des tâches ménagères fatigantes. Enfin, leur seuil de tolérance à la douleur est plus bas.

Q. Peut-on retrouver certains facteurs déclenchants ?
R. A l'origine des troubles, on trouve souvent un traumatisme physique (« coup du lapin », chute, intervention, agression,) ou psychologique (harcèlement moral au travail, deuil, séparation). Tout se passe comme si ce traumatisme récent venait en quelque sorte « réactiver » des évènements stressants antérieurs de l’enfance ou de l’adolescence.

Q. Le fait de souffrir de douleurs chroniques, d'avoir mal partout, peut-il cacher une autre maladie?
R. Il est essentiel de pratiquer un examen approfondi, car le risque serait de passer à côté d'un rhumatisme inflammatoire comme une spondylarthrite, une polyarthrite rhumatoïde, un lupus… La difficulté diagnostique réside en des associations possibles. Il faut aussi éliminer des douleurs musculaires dues à des médicaments : les statines, contre le cholestérol, sont connues pour avoir cet effet secondaire. Une carence en vitamine D, un trouble de la thyroïde, une dépression masquée peuvent aussi être responsables de douleurs diffuses. Enfin, fibromyalgie et syndrome de fatigue chronique sont deux affections proches et il faut savoir les différencier.

Q. Quels traitements peut-on proposer ?
La prise en charge, la plus précoce possible, nécessite une approche personnalisée et le plus souvent multidisciplinaire. Elle associe :

  • Traitements médicamenteux : antalgiques, restaurateurs du sommeil, antidépresseurs et antiépileptiques pour leur action sur la douleur chronique, vitamine D, mais aussi des médecines douces.
    Injections locales superficielles au niveau des points douloureux.
  • Méthodes non médicamenteuses : massages doux, chaleur, rééducation active, soutien psychologique, relaxation, traitement d’une mauvaise occlusion dentaire, conseils hygiéno-diététiques…

Q. Pourquoi faut-il continuer à bouger?
R. Quand on souffre au quotidien, on restreint naturellement ses activités. Cette inactivité physique va aggraver à son tour les douleurs et créer un état dépressif secondaire. Il faut tout faire pour continuer à vivre normalement, se faire plaisir en prenant régulièrement du temps pour la détente et les loisirs. Et surtout, pratiquer une activité physique douce et  régulière qui tient une place privilégiée pour améliorer à long terme ce syndrome. « invisible ». En stimulant les endorphines, elle a un effet bénéfique sur les douleurs, sur le sommeil et la qualité de vie.