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La Main rhumatologique

 

On insistera sur l’arthrose des doigts, les doigts à ressaut et les fourmillements par canal carpien ou névralgie cervico-brachiale…

  1- L’arthrose des doigts
Vos doigts sont douloureux, raides, gonflés et déformés. Ils sont peut-être atteints d’arthrose, une affection très fréquente volontiers familiale. L’arthrose touche essentiellement le dos, les hanches, les genoux et aussi les doigts. Il existe 3 types d’arthrose des doigts :

  • L’arthrose du bout des doigts, des inter-phalangiennes distales entre les 2ièmes et 3ièmes phalanges avec apparition de déformations (appelées nodosités d’Heberden souvent inesthétiques). Le diagnostic différentiel est la spondylarthrite ou surtout le rhumatisme psoriasique.
  • L’arthrose des inter-phalangiennes proximales touche les articulations entre la 1ière et 2ième phalange (avec nodosités de Bouchard). Ces articulations peuvent être atteintes dans la polyarthrite rhumatoïde.
  • L’arthrose de la base du pouce (métacarpo-phalangienne) est appelé rhizarthrose. Elle est souvent douloureuse et invalidante pouvant altérer la pince pouce-index.
  •  Les facteurs de risques de l’arthrose des doigts sont le sexe féminin, l’hérédité, le métier et curieusement l’obésité par une composante « métabolique ».

Les traitements :

  • Les antalgiques et les anti-inflammatoires par cures courtes sont prescrits en 1ière intention.
  • Les injections locales superficielles peuvent être très efficaces.
  • Eventuellement une infiltration d’acide hyaluronique et de cortisone en cas de poussée inflammatoire.
  • Le port d’une orthèse de repos, la nuit, a une action sur la douleur, la raideur et la déformation en cas d’arthrose du pouce.
  • Les anti-arthrosiques d’action lente comme glucosamine, chondroïtine, Piasclédine® ou diacerréine peuvent être proposés.
  • L’intervention peut être faite surtout en cas d’arthrose du pouce très invalidante et rebelle au traitement médical par un chirurgien spécialisé.
  • L’éducation thérapeutique est indispensable dans l’arthrose digitale avec exercices d’auto-rééducation pour renforcer les muscles de la main, conseils d’économie articulaire mais aucune activité ne doit être interdite.


  2- Les doigts à ressaut
Pathologie très fréquente du tendon fléchisseur responsable d’une gêne douloureuse au niveau de la paume et d’un blocage avec ressaut à la flexion du doigt. Elle est plus importante le matin au réveil et peut concerner un ou plusieurs doigts, dont le pouce.
A l’extrême, le doigt peut parfois rester complètement bloqué en flexion.
La forme primitive est liée à l’épaississement du tendon en regard de l’articulation métacarpo-phalangienne, d’origine inconnue avec une prédisposition héréditaire. Il peut être associé à un syndrome du canal carpien ou à une arthrose des doigts.
Le diagnostic est clinique et les examens complémentaires sont, dans la plupart des cas, inutiles.
Il existe des formes secondaires: ténosynovite inflammatoire (dans la polyarthrite rhumatoïde), diabète, microtraumatismes par gestes manuels répétitifs lors de l’utilisation d’outils, de ciseaux…, rarement goutte ou hypothyroïdie.
Le traitement repose sur :

  • Mise au repos du doigt en évitant les gestes manuels répétitifs, parfois immobilisation temporaire par orthèse.
  • Surtout injection locale superficielle en regard du nodule d’un mélange d’anesthésiant, d’un anti-inflammatoire et d’une faible dose d’un corticoïde d’action rapide, afin de diminuer l’inflammation locale et l’épaississement tendineux.
  • Infiltration de Cortisone à l’aveugle ou sous échographie.
  • En cas d’échec du traitement médical : on peut proposer une chirurgie classique, à ciel ouvert, sous anesthésie locale qui consiste à libérer le tendon ou un traitement percutané.

Les complications de la chirurgie sont exceptionnelles (adhérences, infection, algodystrophie). Après l’intervention, il n’y a pas d’orthèse ni de rééducation, le blocage ou ressaut disparait.


  3- Les fourmillements dans les doigts
En cas de névralgie cervico-brachiale (ncb), la douleur part du cou et descend dans un membre supérieur. Elle est due à une poussée inflammatoire d’arthrose ou une hernie discale. Des fourmillements (associés à une douleur ou un engourdissement) sont souvent ressentis au niveau de certains doigts de la main : le pouce et l’index en cas de ncb C6, les doigts médians dans la ncb C7, les 2 derniers doigts en cas de ncb C8.
Il faudra éliminer un syndrome du canal carpien où les fourmillements au niveau des 3 ou 4 premiers doigts surviennent la nuit, au réveil, avec parfois une douleur qui remonte le long du membre supérieur.
Un examen, l’électromyogramme, peut être utile pour différencier la névralgie cervico-brachiale où un nerf cervical est comprimé au niveau du cou et un syndrome du canal carpien où le nerf médian est comprimé au niveau du poignet.
En cas de fourmillement des 2 derniers doigts, l’examen permettra de différencier une ncb C8 d’une compression du nerf ulnaire (cubital) au niveau du coude ou du poignet.

  Nous n’évoquerons pas les rhumatismes inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite et rhumatisme psoriasique, lupus, sclérodermie…) ainsi que l’algodystrophie.