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Sexualité et mal de dos

Beaucoup de personnes souffrant de mal de dos ont tendance à réduire ou même à interrompre les relations sexuelles par crainte d’augmenter leurs douleurs. Cela peut se comprendre !

Il est incontestable que les douleurs chroniques ont un retentissement considérable sur la sexualité avec baisse de la libido et altération de la qualité de vie sexuelle.
Et pourtant peu de patients osent se plaindre de problèmes sexuels, vue la nature délicate et taboue du sujet !
L’anxiété, la perte de confiance en soi, la peur de ne pas être à la hauteur des attentes du partenaire et surtout une dépression secondaire aux douleurs chroniques sont des facteurs qui peuvent aggraver les troubles sexuels chez le lombalgique chronique.
Il peut également s’agir de personnes frustrées d’avoir des envies de relations sexuelles et qui taisent leur désir, comme s’il s’agissait de quelque chose de honteux, d’interdit social.
Certains médicaments notamment les antalgiques majeurs, les sédatifs et les antidépresseurs ont été incriminés dans la diminution de la libido et/ou l’absence d’orgasme.

Cette insatisfaction sexuelle provoque une tension au sein du couple et du corps et par conséquence une anxiété accrue avec une augmentation de la sensibilité à la douleur et des contractures musculaires.

Il est aussi incontestable que certains maux de dos peuvent être la conséquence de problèmes sexuels.
Or, Une vie sexuelle satisfaisante a l’avantage d’entraîner une détente psychique et physique. Le plaisir sexuel est un excellent antidouleur.

Pourtant, en prenant quelques précautions et en suivant les principes d’économie rachidienne indiqués ci-dessous, une activité sexuelle normale peut et doit même être poursuivie, toutefois en dehors des épisodes aigus.
Lors de rapports sexuels, les positions extrêmes ou « acrobatiques » sont bien entendu déconseillées en cas de douleurs rachidiennes. Par exemple, il faut éviter de trop cambrer le bas du dos (par exemple : position à plat ventre). Alors, on peut éventuellement placer un oreiller sous le ventre.
En revanche, la position couchée sur le coté, dite « en chien de fusil » est confortable pour les deux partenaires.
On veillera à éviter toute position douloureuse et l’apparition d’une douleur doit faire modifier la posture amoureuse.
Il appartient à chacun de trouver une ou des positions sexuelles non douloureuses qui ne mettront pas leur dos en danger, avec de plus une action bénéfique sur la détente musculaire et mentale.

 D’une manière générale, il faut éviter de cambrer la région lombaire, veiller à avoir les hanches fléchies, alterner les positions (sur le côté, couché sur le dos, assis…) et parler de ces difficultés avec son partenaire.
Cette détérioration de la sexualité, qui a été peu étudiée, nécessiterait une éducation psycho-sexologique adaptée, avec éventuellement un traitement médicamenteux ainsi qu’au besoin une meilleure prise en charge des problèmes de la vie conjugale.
Pour ces raisons, il ne faut pas hésiter à en parler à votre médecin qui pourra vous conseiller.