Mal de Dos : ce fléau des temps modernes n’épargne personne

On distingue les lombalgies, les douleurs cervicales et dorsales, la sciatique et la cruralgie provenant du bas du dos, les maux de tête et la névralgie partant du cou.

Neuf personnes sur dix souffrent ou souffriront du dos au cours de leur vie, de façon passagère, répétitive ou parfois même durable. Ces douleurs mécaniques sont principalement provoquées par des mauvaises postures prolongées et/ou des mouvements mal exécutés, souvent dans un contexte de surmenage, de stress excessif ou encore de sédentarité.

Rien, en effet, n’est pire que l’inactivité et la station assise prolongée. J’insisterai aussi sur le rôle du psychisme et de la bonne humeur, selon la fameuse et pertinente expression populaire j’en ai plein le dos. 

Un mal de dos chronique peut s’avérer grave en raison de son retentissement sur le sommeil, le psychisme, la vie familiale, conjugale, professionnelle, les loisirs, de ses répercussions socio-économiques. Mais, qui dit chronique, ne veut pas dire définitif, incurable ou sans espoir.

Il faut nécessairement poser un diagnostic précis et rechercher la cause du mal.

Lorsque la douleur survient ou persiste au repos et, de surcroit, réveille le malade dans la seconde partie de la nuit, elle a plutôt une origine inflammatoire. Dans ces cas, de formes secondaires, des examens appropriés permettront de diagnostiquer notamment une spondylarthrite qui est un rhumatisme inflammatoire chronique à prédisposition génétique débutant habituellement dans la région lombaire ou encore de façon heureusement très rare, une tumeur bénigne ou non. Contrairement aux apparences, une douleur ressentie au niveau du dos peut aussi s’avérer être une projection douloureuse provenant d’ailleurs. Attention surtout à la douleur piège d’un ulcère de l’estomac ou d’une maladie du pancréas pouvant se révéler par une douleur isolée du milieu du dos. Une douleur projetée dans le dos peut provenir d’une maladie du cœur, des vaisseaux ou des poumons. Une douleur lombaire peut avoir son origine dans le rein lui-même, surtout un calcul rénal…

La médecine d’aujourd’hui se doit d’être plus préventive. Apprenez à protéger votre dos ! Ménagez-le. Pensez à corriger votre posture au quotidien et ce dès l’enfance. Evitez la position assise prolongée non adaptée à notre anatomie. Autrement dit, levez-vous, redressez-vous, étirez-vous et musclez-vous !

Adopter une bonne attitude corporelle est la manifestation d’une certaine estime de soi. C’est aussi, une manière de se montrer plus respectueux envers autrui. Prenez aussi tout simplement soin de vous, de votre ventre, de vos pieds, de vos dents et de votre mâchoire…

  Adopter une bonne posture est la manifestation d’une certaine estime de soi. C’est aussi, une manière de se montrer plus respectueux envers autrui. Prenez aussi tout simplement soin de vous, de votre ventre, de vos pieds, de vos dents et de votre mâchoire…

Dois-je ajouter que l’âge aidant, il convient de s’efforcer de bien vivre sa ménopause, de prévenir les fractures par fragilité osseuse de vertèbres, parfois sévères. Contrairement à certaines idées reçues, l’ostéoporose est longtemps silencieuse et non douloureuse.

Enfin, ne restez pas avec vos douleurs. On ne s’habitue pas aux douleurs et il ne faut d'ailleurs pas s'y habituer. La souffrance diminue l’activité physique, provoque une dépression secondaire. Il est important de traiter ces douleurs ou du moins de les soulager le plus précocement possible. J’ajoute qu’il convient naturellement de s’intéresser simultanément à ce que j’appellerais l’histoire du patient. La prise en charge d’une pathologie implique de créer un lien de confiance dans la relation soignant-patient.

Patients, ne comptez donc pas que sur une ordonnance miracle de médicaments délivrée par votre médecin !

Soignants, prenez en charge le malade dans sa globalité et non que sous le seul angle de sa maladie. A cet égard, le praticien se doit, par exemple, d’arrêter de leur dire c’est dans la tête, d'éviter la facilité du surdosage au paracétamol qui, sur le long terme, peut causer des dommages au foie. Il doit, de la même manière, se montrer attentif aux antidouleurs opioïdes, source d’effets indésirables, de dépendance voire d’addiction. D’encourager, à la fois, une reprise rapide de ses activités ainsi qu’un programme d’exercices simples pour s’étirer, renforcer les abdominaux et les muscles qui soutiennent la colonne vertébrale. Enfin, et je dirais surtout, n’oublions pas que les traitements locaux, au siège même des douleurs, peuvent être souvent d’un grand secours.