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LES DOULEURS NEUROPATHIQUES

Encore appelées douleurs neurogènes (par lésion nerveuse), la douleur est à type de brûlures, de décharges électriques ou de froid douloureux. Elles peuvent s’associer à des sensations anormales : fourmillements, picotements ou engourdissements voire démangeaisons.
La topographie de la douleur correspond au territoire du nerf lésé.
Le frottement doux de la peau peut déclencher ou aggraver la douleur (c’est l’allodynie).
On peut trouver à l’examen clinique une diminution de la sensibilité cutanée dans le territoire douloureux.

Les Causes
Les douleurs peuvent survenir après un zona, au cours du diabète, après une lésion de la moelle épinière (paraplégie) ou cérébrale (accident vasculaire cérébral) ou encore par des lésions nerveuses après une intervention chirurgicale ou une radiothérapie.
La douleur peut être perçue dans une zone qui n’existe plus anatomiquement après amputation : c’est la douleur du membre fantôme.
Les douleurs neuropathiques chroniques sont le plus souvent dues à la compression et l’inflammation de racines nerveuses au niveau de la colonne vertébrale : lombo-sciatique ou cruralgie parfois malgré une opération, névralgie cervico-brachiale. Des paroxysmes douloureux à type de brûlure, de décharge électrique…doivent alerter le médecin. Il existe même parfois une composante neuropathique dans la lombalgie chronique !!
Dans les douleurs diffuses, inexpliquée de la fibromyalgie, le mécanisme est complexe et mixte, surtout tendino-musculaire par « excès de nociception ». Il s’y associe des douleurs qui ressemblent aux douleurs neuropathiques et une composante psychogène.

Le Traitement
Les antalgiques (anti douleurs) de palier 1 (paracétamol) et les anti-inflammatoires sont peu efficaces.
Les antalgiques de palier 2, surtout le Tramadol et les morphiniques de palier 3 peuvent être efficaces mais souvent responsables d’effets indésirables et avec un risque de dépendance.
Le traitement des douleurs neuropathiques fait appel en première intention aux antidépresseurs et aux antiépileptiques.
Les doses efficaces doivent être assez importantes et la tolérance souvent médiocre (vertiges, nausées, somnolence, prise de poids…). Il faut débuter le traitement avec de petites doses et augmenter progressivement.
Les antidépresseurs ne servent pas qu’à traiter la dépression. Ils ont également une action spécifique sur la douleur chronique surtout avec une composante neuropathique et psychogène.
Les patients ont du mal à comprendre l’action des antidépresseurs. Il est donc nécessaire de leur préciser que le médicament prescrit est commercialisé comme antidépresseur et non comme antalgique avant qu’ils ne le découvrent dans la notice.
On utilise soit un tricyclique (Laroxyl®) soit un antidépresseur plus récent qui inhibe sélectivement la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (le Cymbalta®, Ixel® ou encore Efflexor®).
Les antiépileptiques de nouvelle génération, la gabapentine (Neurontin®) et surtout la prégabaline (Lyrica®) sont efficaces sur les douleurs chroniques neuropathiques.

Les injections locales superficielles d’un mélange d’anti-inflammatoire, d’une faible dose d’un corticoïde d’action rapide et d’un anesthésiant au niveau des zones douloureuses, le long du trajet du nerf lésé, peuvent aider à soulager de façon rapide et durable la douleur.
Les patchs de lidocaïne, récemment mis sur le marché, peuvent être essayés en application pendant 12h sur des douleurs localisées surtout à type de brûlures. Il s’agit du Versatis® (amm pour les douleurs après zona).

Enfin, des traitements non médicamenteux peuvent apporter une aide considérable dans la prise en charge de la douleur neuropathique chronique. Il s’agit de :
la neuro stimulation électrique transcutanée (tens), bien expliquée, souvent utilisée dans les centres de la douleur.
l’éducation thérapeutique, la prise en charge psychologique, la relaxation, la musicothérapie, l’hypnose, l’acupuncture…